Séquence fractures et uniformisation du
monde
Les grandes notions à savoir caractériser
Aire de civilisation
Terme employé à partir du
XVIII° par opposition à « barbarie », « sauvagerie », le
mot civilisations est aujourd’hui employé au pluriel pour souligner la
pluralité, la coexistence et l’égale dignité des civilisations.
C’est une entité
géographique qui regroupe des espaces occupés par une civilisation donnée.
Difficile à appréhender, cette notion peut être considérée comme un espace
culturel fondé sur un ensemble de caractères matériels, moraux, religieux,
linguistiques, artistiques et sociaux communs à une société ou à un groupe de
sociétés.
Une civilisation ne peut
pas être identifiée à un seul trait culturel.
C’est un produit de
l’Histoire qui s’inscrit dans le temps long, mais aussi un objet dynamique.
Ainsi les aires de civilisation peuvent
être plus vastes que leur foyer originel, avoir des frontières mouvantes, s’interpénétrer, se
développer en des lieux discontinus.
De plus sur un même
espace peuvent cohabiter plusieurs civilisations. Des groupes sociaux mêlent
ainsi des traits culturels empruntés à des civilisations différentes.
Samuel Huntington théorie du « Choc des civilisations » :
Ce professeur américain de
sciences politiques émet l’hypothèse que la guerre froide, conflit géopolitique
serait remplacée par des conflits culturels
Des historiens lui ont
opposé que les civilisations ne constituent pas des blocs monolithiques aux
frontières nettes et hermétiques et qu’il s’agit plus d’une mosaïque de
civilisations imbriquées.
Fukuyama
émet l’hypothèse que la fin de la guerre froide aboutirait à la fin de
l’Histoire. Car il considère l’Histoire de l’humanité comme l’opposition entre
des idéologies. Ainsi 1992 serait la fin de l’Histoire car idéologie libérale
s’imposerait partout.
Des historiens lui ont
opposé que :
-
Les valeurs
occidentales ne sont pas universelles (monde asiatique et musulman dont une
frange fondamentaliste mène un combat au travers des réseaux terroristes)
-
L’uniformisation
elle-même provoque des réactions identitaires qui peuvent affaiblir les Etats,
ainsi des mouvements nationalistes –entraînant la création de nouveaux Etats
Les
cultures sont donc interdépendantes : Les territoires – comme les aires de civilisation - sont
liés et dépendants les uns des autres
par des flux dans les deux sens. Cela crée une certaine solidarité. Mais les
flux réciproques ne sont pas toujours équivalents.
Acculturation : Ce terme date des années 1980. C’est ainsi
que les anthropologues américains ont désigné l’ensemble des changements
culturels résultant des contacts directs et continus entre deux cultures
différentes. Ce concept va à l’encontre de la théorie du choc frontal des
civilisations mais privilégie les interconnexions entre différentes aires
culturelles grâce aux migrations, ouvrant la réflexion sur la muticulturalité,
la socialisation, l’intégration.
Les
acteurs de l’uniformisation de la culture
Les
médias, en diffusant des
informations de façon instantanée à l’échelle planétaire ont renouvelé
radicalement les modalités de la diffusion culturelle, et donc l’échelle des
phénomènes d’acculturation. Internet, satellites, voies aériennes.
Les
FTN : la « disneylandisation de la planète »
(Sylvie Brunel) mondialise le modèle américain et standardise la culture à l’échelle
mondiale : Nike, Coca, mC Do, Microsoft, Google, Youtube
Barbie de la firme Mattei
est vendue dans le monde entier 10 $ aux Etats-Unis alors qu’elle est fabriquée
en Chine pour o,4$ l’unité.
La
Coca-colonisation est une
expression inventée après le 2nde Guerre Mondiale pour désigner une
forme de néocolonialisme culturel exercé par les Etats-Unis à l’égard de l’Europe
occidentale.
L’uniformisation du monde s’exprime dans
les domaines suivants:
Le
retour du religieux (fait
référence aux différentes religions mais aussi
aux intégrismes comme l’islamisme). Les JMJ (Journées mondiales de la
Jeunesse) sont une des tentatives de rassemblement religieux rassemblant des jeunes
de tous pays.
Une
langue, des langues :
le « global english » devient une langue universelle appauvrie, le
« spanglish » en Amérique du nord autour de la frontière avec le
Mexique tandis que les langues
régionales entrent au baccalauréat en France et qu’elles cherchent à défendre
leur particularité.
Les
musiques du monde se
diffusent grâce aux nouveaux outils médiatiques : internet, MP3, DVD en
favorisant l’échange de fichiers non contrôle « le peer to peer ».
Pour la musique
classique, on assiste à une patrimonialisation à l’échelle mondiale du
répertoire musical et lyrique, d’origine essentiellement européenne (nouveaux interprètes
et chefs d’orchestres d’origine asiatique (Chine, Corée).
Pour les musiques
contemporaines, l’aire de création anglosaxonne domine largement. Des horizons
culturels différents se rencontrent : blues, gospel, jazz nés dans les
premières décennies du XXe siècle dans les communautés noires du Sud des
États-Unis, rock issu à la fois de la country music blanche et du rythms
and blues noir, explosion des genres à partir des années 1960, donnant
naissance entre autres au reggae (Jamaïque), au rap (expression musicale «
urbaine »).
Le sport est mondialisé
Phénomène de masse qui recouvre au moins trois
réalités complémentaires :
- phénomène plutôt individuel de loisir
sportif (dans les sociétés urbaines disposant de temps et de revenus)
- une pratique
tournée vers la performance individuelle ou collective, pour participer aux manifestations mondiales
- un spectacle
relayé par les médias nationaux ou mondiaux, avec ses héros, ses rites : coupes,
championnats,
tournois et ses rythmes : annuel dans le cas des compétitions nationales ou européennes
; biennal pour le championnat mondial d’athlétisme, quadriennal pour les Jeux olympiques
ou la coupe du monde de football.
Les acteurs principaux, du sport sont :
Les médias. De 1986 à 2006 l’audience télévisée de la coupe du
monde de football a été multipliée par deux. Et les recettes provenant des
droits TV sont passées de 0.09 milliard de francs suisses à 1.5 milliard. Les
Jeux Olympiques de 2004 à Athènes ont été suivis par plus de 4 milliards de
téléspectateurs.
Les FTN à titre de
sponsors bien souvent : Adidas, Coca. Les clubs de foot pensent global
(Manchester United club anglais appartient à des capitaux américains et vend
davantage de produits dérivés au japon et en Chine qu’en Angleterre)
Les grandes institutions sportives : CIO (comité
international olympique) compte 203 pays membres, la FIFA (fédération internationale
de football) compte 207 pays membres.
Coupe du monde de
football en 2010 en Afrique du sud un événement mondialisé qui est le premier
événement d’ampleur sur ce continent.
La mondialisation
du sport suscite un dévoiement de
l’esprit sportif (nationalisme sportif, pratiques de sélection et
d’entraînement peu respectueuses des individus, dopage).
Toutefois, la
mondialisation sportive n’exclut pas l’attachement
d’aires culturelles à des pratiques sportives spécifiques : base-ball et
football nord-américain, cricket dans l’ancienne aire coloniale britannique,
sumo japonais, pelote basque. Dans la mondialisation, on peut parler tout de
même de polarisation du sport.
Les résistances à l’uniformisation
Exception culturelle : principe selon lequel la production
culturelle (films, livres, etc.) ne peut être réduite au rang de marchandises
et doit donc pouvoir être protégée par les gouvernements.
Exception
culturelle française=
défense de la culture et de la langue française dans le monde encouragée par l’engagement
de l’Etat dans le soutien au secteur de la culture et de la création artistique.
OIF
Organisation mondiale de la francophonie créée en 1970 par le sénégalais Leopold Sedar Senghor, le
nigérien Hamani Diori et le tunisien Habib Bourguiba, elle comprend aujourd’hui
53 Etats et gouvernements membres et 10 pays observateurs. Le Français est la
langue officielle de 29 pays et 175 millions de francophones sont répartis dans
le monde. France Culture, RFI ou France 24 ont pour vocation de diffuser les
valeurs de la francophonie.
Consommation
alimentaire liées aux religions mais aussi les « cola » identitaires : Breizh Cola breton, Mecca Cola
arabe, Corsica Cola corse.
Les
musiques régionales :
corses, chants celtes, carnavals.
Revendications
des peuples amérindiens ou
sibériens pour récupérer les droits de leur terre.
Mouvement
anti-marque lancé par la
journaliste canadienne Naomi Klein dans un livre publié en 2000 ‘No logo’.
Affiches « ne marche pas au pas » pour une rentrée scolaire sans
marque.
Altermondialisme : Mouvement contestant la dimension
libérale de la mondialisation, le capitalisme et sa logique financière et
préconisant un contrôle citoyen passant par exemple par le commerce équitable
et un développement durable. Ses principaux acteurs sont des ONG (organisations
non gouvernementales).
Forum
social mondial :
manifestation altermondialiste organisée chaque année pour faire pendant au G8
et au forum de Davos (Suisse) et regrouper les propositions d’une autre
mondialisation.
Ex : Porto Alegre au
Brésil en 2001, Bamako au Mali en 2006
L’éducation
et développement
Analphabétisme : incapacité complète à lire et à
écrire. Il touche 20% de la population mondiale de plus de 15 ans, plus
particulièrement dans les PMA (Ethiopie, Népal Afghanistan, Etats sub- sahariens
où le taux dépasse 40%). C’est un des grandes marques de la fracture Nords/Suds
Illettrisme : état de celui à qui on a enseigné
les bases de la lecture et de l’écriture mais qui les a oubliées par manque de
pratique.
La faiblesse du taux de scolarisation
des pays en développement s’explique par le travail des enfants et par le fait que
la priorité des budgets de ces Etats n’est pas l’éducation.
L’accès
à une éducation gratuite est un droit affirmé par les signataires de la Déclaration
universelle des droits de l’homme de 1948 (article 26), et de la Convention
internationale des droits de l’enfant (1989).
L’éducation des filles joue un rôle
important dans le développement. Le taux d’alphabétisation participe au calcul
de l’IDH. L’éducation constitue un investissement différé bénéfique pour le
pays, que ce soit en terme économique ou démographique : corrélation entre
scolarisation des filles et réduction de la natalité, l’éducation permet de
qualifier la main d’œuvre et un meilleur encadrement.
Les acteurs de la politique éducative sont les États,
qui peuvent choisir de déléguer l’éducation à des acteurs privés. Ce cadre
national n’exclut pas des politiques d’échanges éducatifs et culturels; c’est
le cas avec les programmes européens : COMENIUS, SOCRATES, ERASMUS, LEONARDO, programmes
de l’Union européenne pour l’enseignement. Il y a aussi FULLBRIGHT et TASSEP
dans l’aire de l’ALENA. Ceci favorise l’internationalisation des
échanges culturels.
Par ailleurs,
certains États se donnent les moyens d’attirer des étudiants déjà formés dans
leur pays d’origine (brain drain ou fuite des cerveaux).
L’action
de l’ONU (UNESCO, UNICEF), comme celle de partenariats bilatéraux publics ou privés
cherche à combler les manques les plus criants en matière d’éducation. L’EPT
(Education pour tous) est un programme de l’UNESCO qui cherche à améliorer de
50% le taux d’alphabétisation dans le monde à l’horizon 2015.